Historiquement, les régies de quartiers sont issues de la volonté des habitants à s’opposer et proposer une alternative à la rénovation d’un quartier. L’histoire se passe dans les années soixante dans le quartier Alma-Gare de Roubaix. Les habitants se mobilisent afin de lutter contre la rénovation imposée de leur quartier, ils souhaitent conserver la configuration, préserver certains espaces communs. Dans l’optique de se faire entendre, et participer au réaménagement, ils créent en 1974 l’Atelier Populaire d’Urbanisme, qui sera la première forme de régie de quartiers. Les habitants se considèrent comme des acteurs, d’où le nom de régie ; régie qui coordonne et prépare la présentation. Mais rapidement, les régies passent d’une logique d’autogestion à une logique de cogestion qui intègre les habitants mais aussi des élus et des bailleurs dans les instances de décisions. Face à cette logique, les régies de quartiers cherchent à devenir autonomes et vont se doter d’instances. Ainsi, en 1988 est créé le Comité national de liaison des régies de quartiers ( CNLRQ) pour faire entendre une voix commune, puis d’une charte en juin 1991 avec des règles et des procédures spécifiques. Les principes fondamentaux sont un partenariat tripartite (habitants, élus, bailleurs sociaux), une gestion technique du quartier basée sur l’amélioration du cadre de vie, l’insertion économique, l’implication des habitants.

La grande majorité des régies sont issues de la volonté des habitants. Les habitants, dans un quartier face aux constats de certaines problématiques, les conçoivent, les font naître, les font vivre. Elles doivent, ensuite, rencontrer une reconnaissance et un soutien financier.

Les régies de quartiers ont une approche active et responsable de la citoyenneté qui la distingue des autres entreprises d’insertion. Les Régies de quartiers se positionnent dans le champ de l’économie sociale et solidaire. Leur rôle, en tant que structure de proximité, est de promouvoir les liens sociaux au sein du quartier. « Le concept d’économie sociale et solidaire (ESS) désigne un ensemble d’entreprises organisées sous forme de coopératives, mutuelles, associations, ou fondations, dont le fonctionnement interne et les activités sont fondés sur un principe de solidarité et d’utilité sociale. Ces entreprises adoptent des modes de gestion démocratiques et participatifs. Elles encadrent strictement l’utilisation des bénéfices qu’elles réalisent : le profit individuel est proscrit et les résultats sont réinvestis. Leurs ressources financières sont généralement en partie publiques. loi n° 2014-856 du 31 juillet 2014 relative à l’économie sociale et solidaire »